Une ville attractive se doit de proposer des solutions de logement à toutes et tous.
Une ville à dimension humaine, attachée à son identité
Une ville à dimension humaine, riche d’un patrimoine historique et atypique comme Rochefort, se doit de préserver et d’entretenir sa particularité, son identité.
Elle doit le faire avec l’ensemble des acteurs institutionnels et économiques du territoire, mais aussi avec les habitant·e·s, par la concertation et le partage, dans un esprit d’appropriation collective de l’identité communale.
L’urbanisme constitue un levier d’action transversal : il permet de protéger le patrimoine, de développer les mobilités vertueuses, de soutenir les ménages les plus modestes et d’accompagner la population dans la résilience face au changement climatique.
Notre territoire est vulnérable, exposé à de nombreux défis. Nous avons pour ambition d’y répondre pour faire de Rochefort une ville moderne, apaisée et vivante, autour de priorités sociales, écologiques et démocratiques.
Rochefort : une ville à revitaliser
Rappelons que Rochefort est une ville sinistrée depuis longtemps. La fermeture de l’Arsenal, qui était sa raison d’être, en 1929, en est un premier exemple. La fin de la Seconde Guerre mondiale, marquée par la destruction de nombreuses infrastructures, en est un autre.
La ville a commencé à sortir lentement du marasme dans les années 1950 et 1960, grâce à des programmes national de redynamisation tels que « Action Cœur de Ville », qui ont permis de restaurer et de reconvertir un grand nombre de bâtiments issus du patrimoine militaire. Cette dynamique, bien qu’essoufflée avec le temps, a contribué à résoudre en partie le problème des friches, encore nombreuses il y a une décennie.
Les dernières d’entre elles ont été rénovées pour de l’habitat : le Quai aux Vivres, l’ancien hôpital de la Marine, le centre de gérontologie ou encore la Gendarmerie maritime. Avec la protection du centre-ville historique, le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV), permet aujourd’hui une réglementation plus contraignante pour préserver le patrimoine.
L’agonie de la ville n’est pas irréversible
Aujourd’hui, Rochefort compte 23 000 habitant·e·s, une baisse continue de plus de 6 000 habitants depuis 1960. Les nouveaux ménages s’installent davantage dans les communes voisines.
La première difficulté d’une politique du logement réside dans la nécessité d’intervenir sur la sphère privée.
Une politique du logement social renforcée s’impose à Rochefort, mais elle requiert l’implication de tous les acteurs.
Une grande partie du patrimoine immobilier est détenue par des propriétaires privés qui, parfois, entretiennent mal ou abandonnent leurs biens, ou n’ont pas la volonté de les transmettre ni de les valoriser dans une logique locative de long terme..
Rochefort mérite mieux qu’une politique d’attente. La ville a besoin d’une gestion de rupture pour renouvelés les quartiers, avoir des projets urbains ambitieux, un habitat moderne et d’une vision cohérente pour accueillir davantage d’habitant·e·s, de manière raisonnée, inclusive et sans artificialiser de nouvelles terres.
Nous affirmons notre volonté de :
Accompagner la rénovation énergétique du parc privé.
Développer un parc de logements sociaux de qualité et un parc privé, favoriser les constructions collectives à haute qualité environnementale en limitant au maximum l’étalement.
Atteindre 25% à 30 % de logements sociaux dans les zones tendues, en intégrant une part significative de logements pour les locataires en situation de grande précarité (PLAI) et des logements à loyer modéré pour les foyers modestes (PLUS).
Réviser le Plan Local d’Urbanisme et le Plan de Sauvegarde et de mise en Valeurs, pour conditionner les Orientations d'Aménagement et de programmation.
Prendre en compte le niveau de pauvreté des habitants afin de garantir des loyers accessibles.
Lutter contre la précarité face au logement.
Participer à la régulation du marché du logement.
Mettre en place l’encadrement des loyers dans les zones spéculatives, en sollicitant la préfecture.
Créer une structure de Redynamisation Immobilière.
Favoriser l’habitat partagé et intergénérationnel.
Soutenir (ou créer) les associations de défense des locataires : programmes d’amélioration des situations locatives et des dispositifs de prévention des expulsions.
Réguler fortement les plateformes numériques de location immobilière comme Airbnb en limitant à 80 jours la location et en obligeant les propriétaires à déclarer cet usage en Mairie. Favoriser la plateforme de l’office de tourisme.
Logement et écologie, redynamiser sans s’étendre
Enserrée dans une boucle de la Charente et ceinturée par des zones naturelles protégées, la ville ne peut plus s’étendre, notamment avec la loi Zéro Artificialisation Nette (ZAN). À l’échelle de l’agglomération, la population continue de croître, mais là aussi, l’étalement urbain atteint ses limites.
Pourtant, accueillir de nouvelles familles et des actifs reste essentiel pour préserver les écoles et maintenir la vitalité de la ville. Les actions à mettre en place doivent s’intégrer dans le respect de notre environnement et de notre cadre de vie.
Cela suppose de mener une politique de l’habitat ambitieuse et durable : soutenir la création ou la rénovation de logements de qualité environnementale, à faible impact, en privilégiant des matériaux biosourcés et des bâtiments à énergie positive. Une nouvelle façon de vivre en commun par des habitations collectives partagées et multigénérationnelles sont aussi a impulser pour réduire l’impact humain.
Aujourd’hui, malgré quelques assouplissements du PLU, aucun véritable accompagnement n’a été mis en œuvre, révélant un manque d’ambition municipale en matière de logement et d’écologie.
Déterminer les espaces fonciers
Pour développer le logement, quel qu’en soit le type, il est indispensable de déterminer les espaces fonciers mobilisables. Selon les études menées par la Ville, Rochefort dispose d’un potentiel foncier permettant la création de 1 610 à 1 710 logements, principalement par densification douce du bâti existant et renouvellement urbain.
Il est donc essentiel d’identifier ces zones d’aménagement, de petite, moyenne ou grande envergure et agir pour : des agrandissements ou surélévations, l’exploitation des dents creuses et, lorsque cela est pertinent, le recours au droit de préemption pour permettre le renouvellement de l’habitat.
L’objectif est de créer de nouveaux mètres carrés de surface de plancher là où les contraintes actuelles freinent la construction, tout en maintenant des coûts de construction raisonnables, afin de rendre les projets immobiliers viables économiquement.
Ces opérations s’inscrivent dans une dynamique de long terme, nécessitant à la fois une concertation approfondie avec les habitant·e·s et un pilotage rigoureux des collectivités locales.
Solidarité, dignité et urgence sociale
Nous placerons la dignité humaine au cœur de l’action municipale.
Face à la précarité, aux fractures entre quartiers et populations, l'explosion des ruptures sociales, nous garantirons à chacun un accompagnement digne, un logement accessible et un accès équitable aux services essentiels.
- Atteindre 25% à 30 % de logements social dans les zones tendues, en intégrant une part significative de logements pour les locataires en situation de grande précarité (PLAI) et des logements à loyer modéré pour les foyers modestes (PLUS).
- Accélérer la rénovation du parc des logements sociaux pour préserver les locataires des fortes chaleurs l’été et diminuer les charges locatives par un dispositif financier complémentaire à MaPrimeRénov.
- Adopter une grille transparente d’attribution des logements sociaux avec une anonymisation des dossiers.
- Mettre en place l’encadrement des loyers dans les zones spéculatives, en sollicitant la préfecture.
- Soutenir (ou créer) les associations de défense des locataires : programmes d’amélioration des situations locatives et des dispositifs de prévention des expulsions.
- Réguler fortement les plateformes numériques de location immobilière comme Airbnb en limitant à 80 jours la location et en obligeant les propriétaires à déclarer cet usage en Mairie. Favoriser la plateforme de l’office de tourisme.
- Déployer les dispositifs nationaux d’intermédiation locative « Logement d’Abord » et les pensions de familles pour les sans-abris. La ville organisera un plan d’urgence permettant, en cas de besoin, le réquisitionnement de logements vacants.
Révision du Plan Local d’Urbanisme et du Plan de Sauvegarde et de mise en Valeurs
La transformation urbaine de Rochefort passera par une révision de la réglementation local. La Ville s’engagera à réviser les Orientations d’Aménagement et de Programmation en conserver les espaces naturelles existant, et en conditionnant les constructions de l’îlot Pasteur et les terrains de la Casse aux Prêtres (Barraud Nord) pour des constructions à haute valeur environnementale, collectives et intégré dans un espace naturel préservé.
La Ville devra s’engager activement à : mobiliser son droit de préemption pour acquérir les biens utiles aux projets collectifs, notamment via une foncière de redynamisation et le programme Action Cœur de Ville (ACV), piloté par l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT).
Ces révisions administratives seront menées en concertation avec les habitant·e·s, dans le cadre du Conseil participatif et du Pôle de la Démocratie Participative que nous créerons (voir chapitre Démocratie représentative et participative).
Transformation du parc immobilier, s’appuyer sur une Structure Immobilière de redynamisation
Agir sur les emprises foncières privées doit être envisagé comme une opportunité pour les propriétaires de valoriser leur patrimoine, tout en participant à la rénovation du cadre de vie rochefortais.
L’impulsion conjointe de la Ville pour créer une structure immobilière de dynamisation s’inscrira dans un programme de long terme. Avec une gouvernance partagée : les institutions, entreprises et habitant·e·s. Ses missions seront encadrées dans un objet social et patrimonial sans visée spéculative. Son rôle : l’acquisition, la réhabilitation et la gestion d’actifs immobiliers dans la ville.
Encourager et soutenir les initiatives d’habitat solidaire
Solidarités intergénérationnelles, isolement, grand âge
Avec plus d’un quart de la population âgée de plus de 65 ans, et un tassement du poids des familles (50% de personnes seules sur Rochefort, contre 35-40% à l'échelle de la CARO) Rochefort, agir en commun défendra une politique de solidarités humaines et intergénérationnelles, fondée sur la dignité, la proximité et la prévention.
Notre objectif : faire de Rochefort une ville bienveillante, où chacun, des plus jeunes aux plus âgés, trouve sa place et bénéficie d’un accompagnement adapté.
Nous accompagnerons le grand âge avec dignité, en renforçant les services de proximité, en soutenant les aidants, et en développant des structures d’accueil humaines et accessibles. Les dispositifs d’aide au maintien à domicile seront consolidés pour permettre à chacun de vieillir chez soi dans les meilleures conditions.
Il devient essentiel de favoriser une répartition plus équilibrée, intergénérationnelle et multiculturelle.
Nous favoriserons le lien entre générations à travers des programmes d’échanges, des visites aux aînés et le développement de projets de cohabitation collectives suivant deux modèles étiques et vertueux : L’habitat partagé et l’habitat intergénérationnelle.
L’habitat partagé
Sous ses multiples formes, l’habitat partagé permet de créer des lieux de vie conviviaux, apaisés, solidaires et respectueux de l’environnement.
Il s’agit d’un mode d’habitat collectif innovant, dans lequel des individus, choisissent de vivre ensemble au sein d’un même ensemble immobilier.
Chaque habitant dispose d’un espace privé (logement individuel) et partage des espaces communs tels qu’un jardin, une buanderie, une salle commune, espace de travail ou encore une cuisine partagée.
Mais l’habitat partagé ne se limite pas à une organisation spatiale : c’est avant tout une manière de concevoir la vie en société. Il repose sur des valeurs fortes de coopération, d’entraide, de solidarité et de participation, qui encouragent les habitant·e·s à co-gérer leur cadre de vie et à prendre part aux décisions collectives. Cette approche favorise l’émergence d’un nouveau rapport à la propriété, où l’on privilégie l’usage, le partage et la responsabilité commune plutôt que la possession individuelle.
Sur le plan social, l’habitat partagé contribue à rompre l’isolement, et à favoriser la mixité intergénérationnelle et sociale.
Sur le plan économique, il permet de réduire les coûts liés au logement, à l’énergie et à l’entretien, en mutualisant les équipements et les services.
Sur le plan écologique enfin, ces projets encouragent l’éco-construction, la sobriété énergétique, la mutualisation des ressources et la végétalisation des espaces de vie.
L’habitat partagé constitue ainsi une alternative durable face à la crise du logement et aux modèles urbains classiques. Il s’inscrit pleinement dans une transition écologique et solidaire, en redonnant du sens au mot “habiter” : vivre ensemble, autrement, et en harmonie avec son environnement.
L’habitat intergénérationnel
À l’image du projet porté et concrétisé à Saint-Agnant par l’association Habitat et Humanisme, le Clos d’Aliénor propose 21 logements destinés à des habitant·e·s ayant en commun de faibles ressources et la volonté de recréer du lien social. Jeunes et moins jeunes y partagent des espaces de vie communs, participent à des activités collectives et cultivent entraide, solidarité et convivialité au quotidien.
Nous souhaitons voir émerger ce type de projets intergénérationnels à Rochefort, en nous inspirant de ces réussites locales.
Ces initiatives favorisent la mixité sociale et générationnelle, renforcent la cohésion entre les habitant·e·s et répondent à la solitude croissante que connaissent aussi bien les personnes âgées que les jeunes actifs ou familles monoparentales.
Au-delà de la simple cohabitation, l’habitat intergénérationnel repose sur un projet de vie partagé, où chacun contribue à la vie collective selon ses capacités et ses envies. Il permet :
des animations sociaux culturelle, avec des associations locales
prévenir la perte d’autonomie
de rompre l’isolement et de redonner une place active aux aînés,
d’offrir des logements abordables et bien conçus aux jeunes et aux familles,
de favoriser la transmission de savoirs et de services (garde d’enfants, entraide quotidienne, échanges de compétences),
et de réduire les coûts de la vie grâce à la mutualisation des espaces et des équipements.
Ces projets doivent être portés par une volonté politique forte, associant la Ville, les bailleurs sociaux, les associations et les habitants eux-mêmes, pour faire émerger des constructions exemplaires sur le plan écologique et humain : bâtiments à faible empreinte carbone, matériaux durables, espaces verts partagés, et gestion collective des ressources (énergie, eau, déchets).
L’habitat intergénérationnel est bien plus qu’un concept architectural : c’est une réponse sociale et solidaire aux défis du logement, du vieillissement et de la transition écologique.
À Rochefort, il peut devenir un modèle de vivre-ensemble à taille humaine, fidèle à l’esprit de notre ville.