Une ville n’est vraiment attractive que lorsqu’elle protège le vivant qui l’habite.
Faire de Rochefort une ville accueillante pour la biodiversité et respirable pour ses habitants, par la végétalisation des espaces publics
Favoriser la biodiversité en milieu urbain est un enjeu écologique fort, qui correspond à une demande sociale également importante. Le développement de la nature en ville possède en effet de nombreux bienfaits, scientifiquement démontrés, sur la population elle-même : amélioration du bien-être et de la santé mentale des habitants-es, rafraîchissement de la ville dans un contexte de changement climatique, filtration de la pollution atmosphérique…
Cela représente un enjeu particulièrement important à Rochefort, ville située au cœur d’un territoire riche en biodiversité (avec donc un fort potentiel en la matière) mais fortement minéralisée. En effet, à Rochefort, on ne peut que constater la faible végétalisation des rues et des espaces publics.
Quand végétation il y a, il s’agit souvent d’arbres d’alignement de faible hauteur ou d’espaces « verts » gérés de façon intensive, avec une simple pelouse tondue à ras, annihilant de fait beaucoup de leurs bienfaits pour la biodiversité et la santé des habitant-es. Les parcs publics sont peu nombreux, les principaux espaces végétalisés de la ville correspondent à des jardins privés, inaccessibles à une large partie de la population vivant en appartements, et inéquitablement répartis entre les quartiers. De plus, les parcs publics existants souffrent pour certains d’un manque d’entretien et de développement, comme le square Parat, ou le square Herriot dont les allées sont bitumées et en mauvais état, et qui ne comporte que peu de strates végétales.
Pourtant, Rochefort dispose de nombreux atouts qui pourraient lui permettre de devenir véritablement la « Capitale française de la biodiversité ». En effet, la ville bénéficie de la proximité de la Charente, fleuve sauvage à la riche biodiversité, et des marais atlantiques bénéficiant de différents statuts de protection (ZNIEFF, Natura2000…). Chaque année, des espèces peu communes et vulnérables sont observées dans certains endroits de la ville, comme le petit-duc scops qui se reproduit au niveau du cours d’Ablois. Cela montre le potentiel fort de la ville en terme de biodiversité urbaine.
Une ville végétalisée pour un territoire vivant
Pour préserver et renforcer la biodiversité locale, mais aussi adapter la ville au changement climatique et la rendre plus respirable et agréable à vivre, en permettant l’accès de toutes et tous à des espaces de nature, une politique de végétalisation et de développement de la nature en ville seront menées :
• Réalisation d’un Atlas de Biodiversité Communale
• Mise en place d’une gestion écologique et différenciée des espaces publics
• Végétalisation et désimperméabilisation des espaces publics, notamment par le biais de « plantations citoyennes », et avec en priorité les quartiers denses
• Création d’un nouveau parc public, au niveau du parc boisé de l’ancien hôpital de la Marine
• Végétalisation et réaménagement des cours d’école (avec en priorité l’école Saint-Exupéry?)
• Inscription dans le PLU d’objectifs de végétalisation et d’intégration de la biodiversité du bâti
• Valorisation de la biodiversité locale en lien avec les acteurs locaux (LPO, Conservatoire du Littoral, Parc naturel marin, Forum des Marais, CEN...)
Rochefort se distingue par un nombre exceptionnel d’acteurs du monde de l’environnement et de la biodiversité :
On y trouve le siège national de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), le siège national du Conservatoire du Littoral, le Forum des Marais Atlantiques, le Parc naturel marin des pertuis charentais et de l’estuaire de la Gironde, des antennes locales importantes de l’Office Français de la Biodiversité et du Conservatoire d’Espaces Naturels de Nouvelle-Aquitaine… La ville de Rochefort pourrait donc tout à fait s’appuyer sur cette diversité d’acteurs reconnus pour développer et valoriser la biodiversité du territoire, au bénéfice de tous.
Concrètement, nous souhaitons :
Réaliser un Atlas de Biodiversité Communale (ou Intercommunale) :
Cet outil, permettra de faire un état des lieux détaillé de la biodiversité d’un territoire, en lien avec les acteurs locaux (notamment associatifs), permettra de décliner ensuite un plan d’actions précis, en identifiant les priorités. Il n’a pas encore été mis en œuvre sur le territoire de la ville de Rochefort ou sur celui de la CARO, au contraire de nombreuses autres communes et intercommunalités, y compris la Communauté d’Agglomération de La Rochelle, qui réalise actuellement le sien.
Préserver de l’urbanisation les réservoirs de biodiversité
Pour les espaces naturels et espaces publics végétalisés de la commune : revoir le PLU pour annuler le projet immobilier menaçant les Chemins Blancs ; préserver le parc boisé de l’ancien hôpital de la Marine et le transformer en un parc ouvert à toutes et tous…
Mettre en place une gestion différenciée des espaces végétalisés, en fonction des usages et de l’intérêt pour la biodiversité, avec un zonage permettant de diminuer la pression de tonte sur certains espaces, avec différents modes de gestion (fauche, éco-pâturage…).
Végétaliser et désimperméabiliser les espaces publics
Les rues, places et squares doivent être mieux repensés par la plantation d’espèces locales sur plusieurs strates. Cela pourrait en partie se faire par le biais de « plantations citoyennes », en proposant aux habitant-es de venir aider les agent-es de la ville à planter dans leurs quartiers, lors d’évènements publics. Cette végétalisation pourra se faire en partie au gré des opportunités liées aux travaux de voirie et de réaménagement de l’espace public, mais une priorité devra être accordée aux quartiers les plus minéralisés, et aux quartiers principalement constitués de logements collectifs, où un grand nombre d’habitant-es n’ont pas accès à un jardin privatif.
Réaménager et végétaliser les cours d’écoles
Sur le modèle des « cours Oasis », nous proposons de transformer progressivement les cours d’écoles de la ville, aujourd’hui largement minéralisées. Sans végétation ni ombrage, ces espaces se transforment en véritables fournaises dès le mois de mai, exposant les enfants à un inconfort croissant dans un contexte de dérèglement climatique marqué par des épisodes de canicule de plus en plus fréquents et intenses.
Depuis plusieurs années, de nombreuses communes en France ont engagé la végétalisation et la désimperméabilisation de leurs cours d’école afin de les rendre plus fraîches, plus accueillantes et mieux adaptées aux différents usages des enfants. Nous souhaitons engager cette démarche à Rochefort, en commençant par l’école Saint-Exupéry à titre expérimental.
Au-delà de l’enjeu climatique, la transformation des cours de récréation présente un intérêt éducatif et social majeur. Les cours entièrement bétonnées favorisent aujourd’hui une occupation très genrée de l’espace : les garçons monopolisent souvent la majeure partie de la cour pour le football, laissant peu de place aux autres activités et aux filles. La végétalisation et la diversification des espaces (zones calmes, jeux libres, espaces nature) permettraient une utilisation plus équilibrée et inclusive.
Ainsi, des cours végétalisées contribueraient à la fois à l’adaptation au changement climatique, au bien-être des enfants et à une plus grande égalité filles–garçons dans l’usage des espaces scolaires.
Intégrer dans le Plan Local d'Urbanisme des coefficients de végétalisation
Intégrer dans le Plan Local d'Urbanisme des Orientations d'Aménagement Programmés thématiques intégrant des coefficients de végétalisation et l’impératif de prendre en compte la biodiversité du bâti dans tous les projets d’aménagement et de rénovation (par exemple : intégration obligatoire de nichoirs intégrés pour les espèces cavicoles, oiseaux et chauves-souris, en cas de pose d’ITE venant boucher certaines cavités naturellement utilisées par ces espèces).
Développer un parcours permanent de valorisation de la biodiversité de Rochefort
En lien avec les associations locales. Ce parcours comprendrait des dispositifs pédagogiques et des œuvres artistiques faisant appel aux 5 sens et mettant en valeur des espèces locales aux endroits où on peut les trouver (ex : hibou moyen-duc sur le parking d’Intersport, hirondelles de fenêtre aux archives de la marine, orchidées au Jardin de la Marine, hérisson au cimetière, canard souchet à la station de lagunage…).
Inscrire Rochefort en tant que « Territoire Engagé pour la Nature » et participer au concours national « Capitale française de la biodiversité »
Avant la fin du mandat, pour valoriser la ville de Rochefort et ses acteurs, en tant que territoire pilote de la transition écologique.