Une ville n’est pas attractive si elle n’a pas une vraie politique pour l’autonomie de son territoire.
À la suite du constat dressé par notre équipe, plusieurs actions prioritaires sont proposées dans le cadre d’une politique municipale et intercommunale ambitieuse.
Les actions liées à l’agriculture et à l’alimentation constituent des leviers essentiels d’autonomie territoriale.
Le Projet Alimentaire Territorial (PAT), actuellement piloté par les Communautés d’Agglomération de Rochefort et Bassin de Marennes, ne va pas assez loin : une révision de son contenu et de ses ambitions sera à prévoir, en partenariat avec les acteurs locaux, les collectivités et les habitant.e.s.
L’autonomie territoriale, c’est la capacité d’un territoire à assurer une souveraineté locale, une autosuffisance et une résilience face aux défis à venir. Notre territoire n’échappera pas aux conséquences du dérèglement climatique, ni aux crises sociales et économiques qui en découleront.
Pour faire de Rochefort une ville exemplaire, les problématiques doivent être traitées suivant quatre axes : L’écologie, l’urbanisme, la solidarité, la concertation citoyenne.
LES PROPOSITIONS AUTONOMIE ÉCOLOGIE &TERRITORIALE
Notre volonté :
Augmenter l’autonomie alimentaire de notre territoire, aujourd’hui limitée à 4 %.
Créer une ferme municipale bio et inciter l’installation de fermes biologiques labellisées sur le territoire.
Accélérer la transition énergétique des bâtiments publics et des logements.
Utiliser l’écologie comme levier de prévention en matière de santé et solidarité notamment avec le programme des 1000 premiers jours de l’enfant.
Créer un pôle municipal/communautaire et participatif agissant en faveur de l’autonomie territoriale et de l’environnement.
Développer la commercialisation des produits locaux bio.
Créer des cantines de quartier pour les habitant·e·s.
Porter et participer à la construction d’un réseau de Sécurité Sociale Alimentaire (local et national).
Développer les jardins collectifs et individuels pour redonner sa place à la nature cultivée au cœur de la ville.
Réviser le Plan Local d’Urbanisme et les orientations d’aménagement et de programmation (OAP) en faveur du maintien des espaces naturels et des activités horticoles et arboricoles.
Accélérer la transition énergétique locale.
Notre ambition : Faire de Rochefort et de son territoire un modèle de transition écologique et sociale, fondé sur : la formation, la solidarité, la production bio locale, et la reconnexion entre les habitants, la nature et l’économie de proximité.
Notre démarche vise à préparer l’avenir en construisant dès aujourd’hui un territoire résilient, solidaire et fier de son autonomie.
Un pôle municipal et participatif pour une politique en faveur de l’Autonomie Territoriale et de l’Environnement
Missions principales du pôle :
Développement de l’Autonomie Territoriale et suivi des objectifs publics ;
Fédération et mise en réseau des associations et entités du territoire ;
Création d’un observatoire (statistiques, productions, usages) ;
Développement d’un outil de gestion des stocks des producteurs ;
Exercice de missions en délégation de service public (transfert des agent.e.s ville/agglo et recours au bénévolat) ;
Accompagnement des élus et des habitants ;
Recherche de financements ;
Actions d’animation et de pédagogie.
Mise en place d’une gouvernance dédiée et participative.
Il est essentiel de créer un poste d’adjoint à la transition écologique et une commission extra-municipale associant citoyen·ne·s, élu·e·s et tous les acteur.ice.s.
Structuration intercommunale : Pour fédérer tous les acteurs engagés dans l’Autonomie Territoriale, il convient de créer une structure locale et participative rassemblant les acteurs associatifs, publics et privés ; bénévoles ; Élus du territoire.
L’objectif est de mutualiser les budgets actuellement dispersés entre différents services et divers dispositifs liés à la transition écologique, afin de créer un service unique, lisible et opérationnel. Cela implique également la mutualisation des ressources humaines existantes autour de cette mission.
Cette structure (ou ce service) permettra de concrétiser les projets, concerter, gérer des sites (jardins, fermes tremplins, fermes pédagogiques), d’assurer le lien avec les agriculteurs, les associations, les habitan.e.s, les services municipaux et intercommunaux.
Elle aura un rôle de conseil, d’évaluation, de contrôle, de mise en relation et pourra disposer de délégations des collectivités.
Ressources et intégration dans la collectivité
Ce service devra avoir un accès direct aux marchés publics, aux commissions municipales et intercommunales, au service communication de la mairie et de l’agglomération, ainsi qu’aux cabinets d’études partenaires.
Une démarche ouverte et collaborative
Pour garantir son dynamisme et son ancrage local, le service devra intégrer des habitant·e·s bénévoles, favoriser l’autogestion, et permettre à toute personne motivée et compétente de s’y impliquer activement. Les savoirs citoyens doivent pouvoir enrichir les politiques publiques.
Leviers d’action et financement :
- Projet de Parc Naturel Régional ;
- Label Grand Site de France ;
- Plan Alimentaire Territorial (PAT) ;
- Programmes européens (ex. : LEADER) ;
- Budgets existants (ville, agglo) ;
- Département, Région ;
- Soutien des élu·e·s ;
- Bénévolat ;
- Partenariats associatifs, sociaux, commerciaux, entreprises.
Instaurer l’Ordonnance Verte, modèle de prévention et de santé.
Le cadre national : les “1000 premiers jours”
Le ministère de la Santé encourage depuis 2021 les ARS et DREETS à soutenir des projets locaux favorisant :
un accompagnement continu des parents, de la grossesse à l’entrée en maternelle ;
une action publique décloisonnée (santé, social, culture, sport, alimentation…) ;
des environnements favorables à la santé et au développement des jeunes enfants.
Exemple de mise en œuvre : Strasbourg
Strasbourg a concrétisé cette politique avec le dispositif “Ordonnance verte”, destiné à réduire l’exposition des femmes enceintes aux perturbateurs endocriniens.
Le dispositif comprend :
Deux ateliers de sensibilisation (1h45 chacun) :
Vivre sa grossesse sans perturbateurs endocriniens
Repenser son alimentation pour soi, son bébé et la planète
Un panier bio hebdomadaire (gratuit), issu de circuits courts, pendant 2 à 7 mois selon les revenus
Environ 1 500 bénéficiaires par an (femmes enceintes ou en parcours PMA domiciliées à Strasbourg)
Augmenter et favoriser l’implantation de producteurs locaux bio
Le Projet Alimentaire Territorial (PAT) poursuit déjà cet objectif.
Cependant, à l’exception de quelques subventions d’accompagnement individualisé accordées à certains professionnels, il ne propose ni méthode claire, ni dispositif d’accompagnement pratique.
Il est nécessaire de :
Mettre en place des méthodes structurées et un plan d’accompagnement global des acteurs, avec un engagement sur le long terme ;
Introduire une dynamique collective fondée sur l’entraide, les échanges et le soutien mutuel, au-delà de la seule aide financière ;
Renforcer la formation et la transmission de savoir-faire dans les pratiques agricoles durables ;
Accompagner et favoriser les liens entre les producteurs locaux, la restauration professionnelle, la restauration collective et les grossistes, afin de consolider des circuits d’approvisionnement locaux et bio.
Développer la commercialisation des produits locaux bio
Une position claire : le choix du bio
Pourquoi vouloir à tout prix promouvoir les produits labellisés bio ?
C’est un parti pris assumé. Trop souvent, certaines démarches entretiennent une ambiguïté avec des expressions comme « c’est comme le bio » ou « c’est une production raisonnée ». Nous considérons que seule une exigence sans compromis permettra de faire avancer une production alimentaire réellement vertueuse, respectueuse de l’environnement, de la santé et des producteurs.
Nos propositions
Accueillir gratuitement les producteurs bio (ou en conversion) sous la halle du marché central. De nombreux bancs restent inoccupés (13 sur 49).
Cette mesure pourrait attirer des producteurs plus éloignés, notamment locaux, séduits par la gratuité.
Elle permettrait aussi de redynamiser le marché, aujourd’hui appauvri en exposants producteurs, et de favoriser le renouvellement générationnel.
Des incitations concrètes sont nécessaires pour maintenir et renforcer la présence des vrais producteurs.
Réviser le fonctionnement de la halle et du marché en concertation avec les usagers et commerçants : réfléchir à une ouverture partielle ou permanente, à une zone dédiée aux produits bio, à des animations, à des actions de sensibilisation et à une tarification adaptée.
Développer les AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne).
Ces partenariats entre producteurs et consommateurs renforcent le lien social et garantissent une juste rémunération.
Exemple à Rochefort : Les Paniers du Marais, livrés chaque mercredi à 17h30 dans la cour de l’épicerie solidaire La Boussole.
→ Réserver un emplacement gratuit au marché couvert pour faire connaître les AMAP et encourager leur extension, ou leur proposer un stand permanent à l’Espace Nature (Place Colbert).
Valoriser et soutenir la création de points de vente grand public et de nouveaux réseaux de distribution en circuit court.
Encourager des initiatives citoyennes (troc, partenariats avec commerçants locaux, ventes groupées, livraisons locales) et lancer des appels à projets pour accompagner ces démarches.
Créer des cantines de quartier pour les habitant·e·s
Un projet pour renforcer le lien social par la cuisine et le partage de savoir faire.
L’objectif est de créer des lieux ouverts et accessibles à toutes et tous, dédiés à la préparation des repas et le partage des coûts, tant pour tisser des relations humaines de qualité que pour réduire la facture du budget alimentation.
À Rochefort, des milliers de personnes vivent seules, parfois avec un sentiment d’isolement ou d’exclusion. Beaucoup perdent l’envie ou la possibilité de cuisiner, faute de conditions adaptées ou de moments collectifs pour le faire.
Les cantines de quartier offriraient une réponse concrète à ce besoin :
un espace convivial pour manger ensemble,
transmettre des savoir-faire,
apprendre à cuisiner sainement,
organiser des événements collectifs (fêtes de quartier, fêtes de fin d’année, repas partagés, etc.).
Ces cantines seraient également un support éducatif pour les enfants et les familles, en lien avec la nutrition, la santé et l’éducation au goût.
Un projet ancré dans les quartiers :
Les cantines de quartier seraient implantées dans les zones prioritaires (Avant-Garde & Sud Centre-Ville, Petit Marseille & Gélinerie), ainsi qu’en centre-ville et dans tout secteur où le besoin se fait sentir.
Elles pourraient être installées dans :
· d’anciens commerces, boulangeries, restaurants ou bars tabacs souhaitant une
reconversion ou une diversification d’activité ;
· des locaux de proximité, ouverts sur la rue, chaleureux et identifiables.
Chaque cantine disposerait également d’un espace de stockage des produits, permettant de créer des liens directs avec la production locale (maraîchage, jardins partagés, ateliers de transformation, etc.). Des partenariats seraient encouragés avec les restaurateurs de quartier et les acteurs du tissu associatif.
Animation et fonctionnement
· Les cantines pourraient être autogérées par les habitant·e·s, ou accompagnées par les centres sociaux, des associations locales ou des structures d’insertion.
· Les formations culinaires et ateliers d’apprentissage seraient encouragés, avec l’appui de partenaires professionnels.
· Le projet s’articulerait avec d’autres formes de circuits courts, notamment les AMAP et les initiatives de consommation responsable.
Le financement pourrait être assuré par :
Le Contrat de Ville,
Des appels à projets nationaux (par exemple le programme « 1000 premiers jours de l’enfant »),
Les collectivités locales,
Les partenaires privés ou associatifs.
Participation à la construction d’un réseau de Sécurité Sociale Alimentaire
« Le conseil municipal de Grenoble, le 5 février, a précisé les contours d’une initiative locale inspirée de la SSA : son contexte, son ambition, ses modalités.
Un collectif national appelle à l’expérimentation locale de mécanismes s’inspirant de la Sécurité sociale de l’alimentation afin de contribuer à la construction d’un système pensé par le bas, au plus près des besoins des consommatrices et consommateurs et des productrices et producteurs, reposant sur trois piliers : l’universalité d’accès, le conventionnement organisé démocratiquement, le financement basé sur la cotisation sociale.
Dans un contexte d’inflation et de la précarisation d’une partie des citoyens, la multiplication des expérimentations locales permettra de servir de plaidoyer national pour la réalisation d’un nouveau droit universel à l’alimentation.
En s’appuyant sur l’étude de faisabilité et les différentes consultations, la Ville de Grenoble propose un mécanisme de SSA de type associatif : la façon la plus simple de porter la caisse de cotisation est une association loi 1901, en charge de la gestion de celle-ci. Cette caisse de cotisation serait abondée par ses membres, par des subventions publiques et par des financements privés. Les grenobloises et grenoblois cotisant à la caisse recevront mensuellement de celle-ci une somme forfaitaire, laquelle sera utilisable pour se procurer des denrées alimentaires dans un réseau de distribution conventionné ».
Créer des fermes maraîchères bio – Projet “Tremplin”
Objectif : favoriser l’installation de nouveaux producteurs bio sur le territoire
Le projet « Tremplin » vise à inciter la création de nouvelles fermes maraîchères bio, en accompagnant les porteurs de projets dans leur installation, leur formation et leur financement. L’idée est simple : mettre à disposition des “fermes prêtes à l’emploi”, permettant à de nouveaux agriculteurs de tester leur activité, acquérir de l’expérience et préparer leur installation durable.
Principe du projet “Tremplin”
Sur le modèle des pépinières d’entreprises (comme celle de la ZAC de l’Arsenal), les fermes tremplins offriraient un cadre professionnel sécurisé aux futurs maraîchers bio.
Acquisition foncière par l’agglomération : achat d’une ferme de 60 à 70 hectares maximum, pouvant être divisée en 4 à 5 unités agricoles, ou achat de plusieurs parcelles réparties sur différents sites. Si toutes les parcelles ne sont pas utilisées, elles pourraient être mises en jachère ou louées à des exploitants riverains, sous condition de production biologique et diversifiée.
Mise à disposition temporaire (3 ans maximum) pour les nouveaux paysans :
o fermes équipées et opérationnelles,
o matériel mutualisé et infrastructures partagées,
o accompagnement collectif et entraide,
o loyer modéré,
o formation et suivi comptable pour garantir la solidité des installations.
Après la période de conversion à l’agriculture biologique, les agriculteurs installés bénéficieront directement du label Bio, leur permettant de commercialiser leurs produits immédiatement sous cette appellation.
Mise en œuvre et partenariats institutionnels
Le projet “Tremplin” s’appuie sur les leviers territoriaux, institutionnels et européens existants. Il doit être intégré dans les politiques publiques locales pour garantir sa pérennité :
Projet de Parc Naturel Régional (PNR) : y inclure la démarche “fermes tremplin”.
Plan Alimentaire Territorial (PAT) : renforcer l’axe installation et production bio.
Label Grand Site de France : associer la valorisation paysagère et agricole.
Programme européen LEADER : rechercher des financements pour les investissements ruraux.
Soutiens régionaux et départementaux : mobiliser les aides à l’agriculture durable.
Partenaires possibles
· LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux)
· RAMSAR (zones humides protégées)
· SAFER (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural)
· Conservatoire du Littoral
· Coopérative Bio de Saint-Jean-d’Angély
· CIAP (Coopérative d’Installation en Agriculture Paysanne)
· La Ceinture Verte
· GAB 17 (Groupement des Agriculteurs Biologiques de Charente-Maritime)
Une proposition intercommunale
Ce projet devra être porté à l’échelle intercommunale, en lien avec les communes volontaires de l’agglomération rochefortaise.
L’objectif est de faire de Rochefort et de son territoire un modèle de transition agricole et alimentaire, fondé sur la formation, la solidarité et la production bio locale.
Exemple à Royan lien : https://www.agglo-royan.fr/espace-test-agricole
« Afin de faciliter l’installation de nouveaux maraîchers bio, la CARA déploie un espace test agricole et en a confié la gestion à la Coopérative d’Installation en Agriculture Paysanne (CIAP) Champs du Partage, en avril 2021.
Le test d’activité consiste à mettre à disposition de porteurs de projets un lieu et des moyens de production, un cadre juridique spécifique (contrat CAPE) et un accompagnement personnalisé (formation aux techniques de culture et à la gestion d'entreprise).
Pour développer cet espace-test, la CARA a fait l’acquisition en novembre 2020 d’une ancienne exploitation horticole. Ce site de 4 ha a l’avantage de bénéficier de serres, de bâti existant pour le stockage du matériel, d’un accès à l’électricité, d’un forage et d’une qualité agronomique des sols favorables au développement du maraîchage. En complément, la CARA investit dans un parc de matériel pour la conduite des cultures, le travail des sols et l’entretien du lieu. »
Créer une ferme Municipale, (projet collectif)
« En 2011, Mouans-Sartoux a lancé le concept novateur des fermes municipales pour approvisionner ses cantines en légumes 100 % bio. Cette initiative a rapidement attiré l'attention d'autres collectivités, qui se sont inspirées de ce projet à travers des visites, des réseaux animés par la MEAD ou encore le diplôme universitaire Chef de projet alimentation durable. Potagers & Compagnie, une entreprise solidaire d'utilité sociale engagée dans la transition agroécologique, a également soutenu de nombreux projets de fermes municipales et de tiers-lieux nourriciers en région PACA.
Aujourd'hui, 14 ans plus tard, la France compte une centaine de projets de fermes bio, en activité ou en développement, portés par des villages, des grandes villes, des communautés de communes, des agglomérations, des métropoles ou encore des départements.
Une ferme municipale, intercommunale ou départementale, c'est :
une production bio, locale et ultra fraîche destinée aux cantines scolaires, aux crèches, aux repas des séniors en EHPAD, ou encore aux épiceries sociales ;un outil puissant d'éducation au goût, à la saisonnalité, et aux liens entre alimentation et santé ;des maraîcher·es salarié·es, bénéficiant d'un revenu décent et d'un outil de production performant ;une contribution concrète à la transition agroécologique et à la résilience alimentaire des territoires ;un levier stratégique pour initier une politique alimentaire à l'échelle de la collectivité ;mais aussi un défi technique et organisationnel que de plus en plus de collectivités relèvent avec engagement !».
À Rochefort :
Pour encourager une production saine et respectueuse de l’environnement, l’idée est de créer une ferme municipale entre le centre horticole de la ville et le Haras.
Une zone d’environ 9 hectares pourrait être aménagée, en partenariat et en complémentarité avec les activités déjà présentes sur le site : le Haras, les services municipaux, le Conservatoire du Bégonia, et les jardins potagers gérés par le centre social Primevère Lesson.
Cette ferme municipale pourrait fonctionner en régie, avec une mission de formation et de réinsertion.
Elle produirait des fruits, des légumes, et développerait une activité d’élevage de poules et de volailles destinées à la restauration collective et aux habitant·e·s. Des moutons pourraient également être introduits pour assurer l’écopâturage dans les alentours (lignes vertes).
Développer les jardins collectifs et individuels pour redonner sa place à la nature cultivée au cœur de la ville
Les jardins partagés, collectifs ou individuels sont des espaces essentiels de convivialité, de transmission et d’autonomie alimentaire. Ils permettent de reconnecter les habitants à la terre, de favoriser la biodiversité et de créer du lien social dans les quartiers.
Aujourd’hui, plusieurs zones existent déjà, souvent situées sur des terrains privés où la demande est supérieure à l’offre.
Notre volonté est de rendre ces espaces plus accessibles et de multiplier leur présence sur le territoire.
Nos propositions :
Augmenter l’offre de jardins potagers (individuels et collectifs) sur des emprises publiques, en priorité dans les zones urbaines denses.
→ Réaliser des études et un travail au cas par cas avec les habitants et les associations locales pour identifier les sites possibles.
Travailler en partenariat avec les bailleurs sociaux pour intégrer des espaces de jardinage collectif dans les ensembles d’habitat, au pied des immeubles ou dans les cours partagées.
Unifier et fédérer les acteurs déjà engagés sur le territoire — Les Incroyables Comestibles, Aux Arbres Citoyens, Jardinot, etc. — en favorisant la coopération et le partage de ressources (outils, semences, matériel, savoir-faire).
Créer une interconnexion numérique et logistique entre les différents sites de jardinage, facilitant la mise en relation entre les demandes et les disponibilités, ainsi que la gestion collective du matériel et des récoltes.
Révision du Plan Local d’Urbanisme et des orientations d’aménagement et de programmation (OAP) en faveur du maintien des espaces naturels et des activités de jardinage :
Annulation partielle du programme immobilier prévu sur l’îlot Pasteur et pérennisation du cœur d’îlot en zone de jardins privés et collectifs, en conservant les parcelles existantes comme espaces champêtres, de détente et de rencontre.
(OAP îlot Pasteur — hachures noires : autorisation de nouvelles constructions, extrait de l’OAP du PLU.)
Révision des orientations sur l’OAP “ Casse aux Prêtres” (hachures gris claire = programme immobilier, gris foncé locaux entreprises, extrait OAP, PLU). Remplacement par un programme immobilier collectif à haute valeur environnementale avec des jardins et prévoir un espace pour une future halte de train.
Révision OAP Ancien Hôpital de la Marine (hachures noir = programme immobilier, extrait OAP, PLU). La partie entourée en rouge est actuellement le parc boisé du site. L'OAP propose la constructibilité de ce parc. Nous proposons la conservation et la valorisation du parc.
Annulation du programme immobilier "OAP des Chemins Blancs" (hachures noir nouvelle parcelles constructible, extrait OAP, PLU).
Le réaménagement du site St-Charles doit créer des espaces de vie et de jardinage pour offrir aux habitant·e·s un nouvel espace public vivant, accessible et agréable.
Une vision d’ensemble
Les jardins collectifs participent d’une politique alimentaire durable, d’une ville plus verte et solidaire, et d’un cadre de vie apaisé.
Ils constituent un maillon essentiel entre la production locale, la formation citoyenne et la résilience urbaine.
Accélérer la transition énergétique locale
Rochefort doit devenir un territoire exemplaire en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique. La transition doit s’appuyer sur une stratégie ambitieuse, combinant sobriété, innovation et participation citoyenne.
Nos priorités :
Poursuivre et accélérer le plan pluriannuel de réhabilitation énergétique des bâtiments municipaux et intercommunaux.
Chaque année, de nouvelles installations solaires doivent être posées sur les toitures du patrimoine public, afin de réduire la consommation d’énergie et les coûts de fonctionnement.
Encourager la participation des acteurs locaux, associations, collectifs et entreprises, tels que À nous l’énergie ou Le Soleil des Marais, dans la production et la diffusion d’énergies renouvelables (solaire, hydraulique, biomasse…).
Application stricte des lois en vigueur
Loi “Climat et Résilience” du 22 août 2021 :
pour tous les parkings extérieurs de plus de 500 m², obligation d’installer :
un dispositif d’ombrage sur au moins la moitié de la surface (ombrières photovoltaïques, arbres, pergolas végétalisées) ;
un système de gestion des eaux pluviales favorisant la perméabilité et l’infiltration.
Loi APER du 10 mars 2023 :
pour les parkings de plus de 1 500 m², obligation d’installer des ombrières photovoltaïques sur au moins la moitié de la surface.
→ Ces dispositions devront être intégrées dans le plan d’urbanisme local (PLU) et strictement contrôlées.
Nouvelles dynamiques locales de rupture
Créer une régie municipale ou communautaire de production d’énergie, pour favoriser l’autonomie énergétique du territoire et permettre une redistribution des bénéfices aux habitants (baisse de facture, projets collectifs, financement de rénovations).
Soutenir les initiatives innovantes, notamment le projet porté par l’AMAR (Association pour le Moulin de l’Arsenal de Rochefort), visant à :
remettre en service le Moulin Hubert,
dévaser naturellement l’entrée des formes de radoub,
et produire de l’électricité verte à partir de l’énergie hydraulique.
Recyclerie, réemploi et économie circulaire
Vers une économie locale, solidaire et durable, le réemploi et la réduction des déchets sont au cœur d’une nouvelle manière de consommer et de produire.
Il s’agit de changer les habitudes de consommation pour sortir, autant que possible, du système de grande distribution et aller vers une économie sobre, locale et coopérative.
Cette évolution permet à la fois de préserver les ressources naturelles, de réduire les déchets et de soutenir le pouvoir d’achat des habitant·e·s.
La déchetterie de Rochefort, actuellement en projet de réaménagement, accueillera une recyclerie intercommunautaire en 2026. Cet équipement, attendu de longue date, doit devenir un véritable pôle de valorisation et de réemploi, géré par une structure de l’économie sociale et solidaire, un groupement d’associations ou une régie communautaire.
Nos orientations
Favoriser le développement d’une économie solidaire et gratuite, en soutenant les ressourceries, espaces de dons, cafés associatifs et ateliers de réparation solidaires (électroménager, vélos, mobilier, etc.).
Encourager la consommation raisonnée et la réinstallation d’artisanat local, pour redonner une place à la réparation, à la transformation et au savoir-faire.
Accompagner le développement d’une économie du prêt et du partage, en facilitant la mise en commun de biens entre voisin·es (outils, matériel de jardin, vélos, etc.).
Créer des synergies entre les acteurs du territoire (associations, entreprises, collectivités) pour bâtir une véritable filière locale du réemploi et de la réparation.
Et combien ça coûte ?
Les mesures présentées ici représentent à la fois : investissement foncier, investissement matériel et surtout, un investissement dans l’avenir.
Ces actions sont transversales : elles agissent simultanément sur l’environnement, le social et la participation citoyenne.
Elles ne relèvent pas d’une dépense isolée, mais d’un choix politique durable, qui permettra à terme de réduire les coûts liés à l’inaction (pollution, précarité, dégradation du cadre de vie, dépendance énergétique…).
La plupart de ces projets peuvent être cofinancés ou soutenus par des dispositifs existants, notamment :
les appels à projets européens, via le programme LEADER (Liaison entre Actions de Développement de l’Économie Rurale) ;
l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, pour les actions de préservation des ressources et de renaturation ;
l’Agence Régionale de Santé (ARS), pour les projets favorisant la santé publique, la nutrition et la cohésion sociale ;
le dispositif Grand Site de France, pour les actions de valorisation du patrimoine naturel et paysager ;
le Contrat de Ville, pour les projets d’inclusion, de solidarité et d’amélioration du cadre de vie ;
et enfin, les programmes pluriannuels d’investissement de la Ville et de l’Agglomération, qui intègrent déjà des dépenses de transition écologique et sociale.
Ainsi, ces mesures ne reposent pas uniquement sur le budget communal, mais s’appuient sur une stratégie de financement partagée entre plusieurs acteurs publics et européens. C’est une approche responsable et réaliste, qui transforme chaque dépense en levier de développement durable et de bien-être collectif.